Lecce, Italie, le 13 juin 2009

Archivé - Déclaration des Ministres des Finances du G8

Informations archivées

Les informations archivées sont fournies aux fins de référence, de recherche ou de tenue de documents. Elles ne sont pas assujetties aux normes Web du gouvernement du Canada et n'ont pas été modifiées ou mises à jour depuis leur archivage. Pour obtenir ces informations dans un autre format, veuillez communiquez avec nous.

Document connexe


Nous, les ministres des Finances du G8, continuons de concentrer nos efforts sur le redressement de la situation économique mondiale actuelle et sur la résolution de la crise financière. Nous avons pris des mesures énergiques et coordonnées pour stabiliser le secteur financier et renouer avec la croissance. Nos économies montrent des signes d'un retour à la stabilité, dont la reprise des marchés boursiers, une diminution des écarts entre les taux d'intérêt, une amélioration des affaires et une reprise de la confiance des consommateurs. La situation demeure néanmoins incertaine et des risques non négligeables continuent de menacer la stabilité économique et financière.

Même lorsque la production se remettra à croître, le chômage pourrait continuer à augmenter. Nos pays continueront de mettre en œuvre des mesures pour réduire l'incidence de la crise sur l'emploi et pour maximiser le potentiel de création d'emplois durant la reprise, mesures qui consisteront entre autres à promouvoir des politiques actives ciblées sur le marché du travail, à améliorer l'acquisition des compétences, à veiller à la mise en place de mécanismes de protection sociale efficaces et à permettre à l'ensemble des marchés du travail de s'adapter à des changements structurels importants.

Nous devons rester vigilants pour nous assurer que la confiance des consommateurs et des investisseurs est pleinement rétablie et que la croissance s'appuie sur des marchés financiers stables et de solides facteurs fondamentaux. Nous continuerons de travailler avec les autres nations et à prendre les dispositions qu'il faudra pour remettre l'économie mondiale sur la voie d'une croissance vigoureuse, stable et durable. Cela signifie entre autres que nous continuerons d'appliquer des mesures de stimulation macroéconomique qui tiennent compte de la stabilité des prix et de la viabilité financière à moyen terme et qui rétablissent le crédit. Nous réaffirmons notre engagement à pourvoir aux besoins de liquidité et de capitaux des banques, chaque fois que cela sera nécessaire, et à prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir la viabilité des institutions importantes sur le plan systémique.

Nous avons discuté des stratégies qui devront être déployées pour mettre fin, une fois la reprise assurée, aux mesures extraordinaires qui ont été prises pour répondre à la crise. Ces « stratégies de sortie », qui varieront sans doute d'un pays à l'autre, sont essentielles pour appuyer une reprise viable à long terme. Nous avons demandé au Fonds monétaire international (FMI) d'entreprendre les travaux d'analyse qu'il faudra pour nous appuyer dans cette démarche.

Bien que la stabilisation de l'économie soit d'une importance capitale pour la situation à court terme, nous avons aussi discuté des défis que l'avenir nous réserve.

La crise a révélé à quel point il était important de renforcer notre engagement à l'égard des normes concernant la propriété, l'intégrité et la transparence. Pour traiter de ces questions de façon intégrée, nous avons convenu du besoin d'élaborer le Cadre de travail de Lecce – une série de normes et de principes communs au sujet de la conduite du commerce et des finances à l'échelle internationale – qui s'inspire d'initiatives existantes et jette les balises qui permettront de tracer un parcours de croissance stable pour le long terme (pour plus de précisions, voir l'annexe ci-jointe). Nous sommes résolus à collaborer avec nos partenaires internationaux afin d'avancer sur cette question, et nous envisageons la possibilité d'y travailler au sein d'un forum plus large incluant les membres du G20 et d'autres intervenants.

Nous avons parlé des réformes sur le plan de la réglementation dans nos pays et à l'échelle internationale. Nous procédons avec diligence à la mise en œuvre des décisions prises au Sommet de Londres et lançons un appel aux autres pays pour qu'ils se joignent à nous afin d'assurer la stabilité financière mondiale et l'adoption générale de règles de jeu équitables. Nous prions instamment les institutions internationales concernées de suivre de près la mise en œuvre de ces décisions. Nous demandons également au Conseil de stabilité financière (CSF) de créer un ensemble de mesures pour soutenir l'adhésion aux normes prudentielles et la coopération avec les administrations.

Nous sommes favorables aux progrès accomplis dans la négociation d'ententes au sujet des échanges de renseignements à des fins fiscales. Nous soutenons énergiquement la mise en œuvre des normes de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et l'engagement du plus grand nombre possible d'administrations, dont celles des pays en développement. Il est aussi essentiel de mettre au point un mécanisme efficace d'examen par les pairs qui permettra d'évaluer dans quelle mesure sont appliquées les normes communes, ce qui pourrait être fait par l'intermédiaire d'un forum mondial élargi. En outre, nous attendons avec impatience le dépôt prévu pour la prochaine réunion ministérielle de l'OCDE d'un compte rendu actualisé sur les progrès accomplis au sujet de l'entente du G20 visant à neutraliser les paradis fiscaux.

Nous applaudissons l'engagement pris par le Groupe d'action financière (GAFI) et le G20 de combattre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme. Nous sommes, nous aussi, résolus à travailler avec le GAFI afin d'améliorer les normes internationales et leur mise en œuvre partout dans le monde, dont la préparation de la prochaine ronde d'évaluations mutuelles, la promotion de la coopération internationale et le renforcement des mesures pour les administrations plus vulnérables. Le GAFI devrait faire rapport en septembre prochain sur les progrès accomplis dans le repérage des administrations qui ne coopèrent pas. Nous appuyons l'appel lancé par le GAFI exhortant les pays à protéger le système financier des opérations financières illicites et à mettre en œuvre des mesures de prévention contre l'Iran pour, notamment, atténuer le risque que posent les relations avec les institutions financières iraniennes entourant de telles opérations.

Nous appuyons la mise en œuvre rapide et efficace des mesures financières contre la Corée du Nord établies, entre autres, par la Résolution 1874 du Conseil de sécurité des Nations Unies.

Pour faciliter la reprise et soutenir la croissance à long terme, nous réitérons notre engagement d'éviter le recours au protectionnisme et nous engageons à poursuivre le travail entrepris pour concrétiser une conclusion audacieuse du cycle de négociations de Doha. La mise en œuvre rapide du soutien aux échanges commerciaux annoncé à Londres est essentielle à la restauration des échanges commerciaux internationaux, surtout pour les pays émergents et les pays en voie de développement. La volatilité excessive des cours des matières premières constitue un risque pour la croissance. Nous évaluerons des façons d'améliorer le fonctionnement et la transparence des marchés mondiaux des matières premières, dont les travaux de l'Organisation internationale des commissions de valeurs sur les marchés dérivés des produits de base.

Nous avons dirigé les efforts visant à mettre à la disposition du FMI les ressources nécessaires pour qu'il puisse augmenter sa capacité de crédit, et nous sommes tout à fait disposés à mettre en œuvre rapidement l'engagement pris lors du Sommet de Londres auquel nous incitons les autres pays à participer. Nous examinons aussi ce qui pourrait être mis en œuvre pour améliorer de façon substantielle la capacité du FMI d'accorder des prêts concessionnels par le biais de la vente d'or et d'autres moyens, conformément au nouveau modèle de revenu, et nous encourageons le Fonds à évaluer dans quelle mesure pourrait être augmentée la concessionnalité à l'endroit des pays à faible revenu. Nous maintenons notre engagement de réformer le FMI afin que celui-ci puisse s'acquitter de son rôle névralgique dans l'économie mondiale moderne. Nous accueillons favorablement les mesures prises par la Banque mondiale et d'autres banques multilatérales de développement, mesures qui mettent en relief le rôle anticyclique important que ces institutions jouent pour résoudre la crise mondiale. Maintenant que nous avons complété l'analyse en profondeur de leur position de trésorerie, dont une analyse complète de la demande de ressources basée sur des stratégies à moyen et à long terme, nous sommes prêts à traiter des besoins financiers additionnels. Dans la liste des autres éléments qui doivent être pris en considération, mentionnons l'établissement d'une division plus claire entre la main-d'œuvre et la collaboration au sein des institutions, une amélioration de la flexibilité des bilans, la qualité de la gouvernance, l'amélioration de la gestion du risque, l'utilisation efficace de l'aide, une meilleure promotion de l'innovation et l'attention adéquate qui doit être accordée aux plus pauvres dans le monde.

La crise alimentaire de 2007-2008 a eu un effet désastreux sur les conditions de vie des pauvres et a fait ressortir l'urgent besoin de soutenir les investissements durables en agriculture. Nous réitérons l'engagement que nous avons pris de veiller à la sécurité alimentaire à long terme des pays pauvres en voie de développement.

Nous travaillerons ensemble de façon bilatérale et par l'entremise des institutions internationales existantes afin d'augmenter les investissements qui, dans ces pays, visent à instaurer une production agricole durable et à assurer la sécurité alimentaire tout en accordant une attention particulière aux petits agriculteurs, à la protection des ressources naturelles, aux infrastructures sous-jacentes, à l'innovation et à la stimulation des investissements privés. Nous avons discuté d'initiatives mixtes potentielles avec la Banque mondiale, la Banque africaine de développement et le Fonds international de développement agricole, et nous appuyons la poursuite des travaux dans ce domaine, notre but étant de faire progresser les discussions sur la question lors du Sommet de L'Aquila. Nous prenons note de la publication du rapport de l'Équipe spéciale de haut niveau, qui contient des propositions pour accélérer l'amélioration des systèmes de santé des pays les plus pauvres.

Nous nous sommes entretenus sur des aspects des changements climatiques qui touchent l'économie, les finances et le développement. Cet enjeu est une question planétaire qui demande une solution globale et équilibrée, et nous avons bon espoir que le processus de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques apportera des solutions ambitieuses, efficientes, efficaces et équitables à cet égard. Les futurs besoins financiers et d'immobilisation sont considérables. Il sera donc impératif d'utiliser toutes les ressources avec le maximum d'efficacité pour réduire les émissions réelles, de faire en sorte qu'elles soient prises en charge par des instruments hautement efficaces, coordonnés et équitables, et de s'assurer que des mécanismes axés sur les marchés jouent un rôle central dans l'orientation des finances privées. Même si les pays développés doivent continuer à donner l'exemple à ce chapitre, toutes les autres nations à l'exception des plus pauvres devraient s'astreindre à des mesures d'atténuation qui pourront être mesurées, vérifiées et rapportées, et engager les ressources financières nécessaires dans ces efforts. L'adaptation aux changements climatiques est un défi en matière de développement. C'est pourquoi le financement international devrait être accordé en majeure partie aux nations les plus pauvres, être pleinement intégré à leurs stratégies de développement et suivre les principes de l'efficacité de l'aide.


Le Cadre de travail de Lecce : normes et principes communs en matière de propriété, d'intégrité et de transparence

Nous sommes au centre de la pire crise économique depuis la Crise de 1929. L'étendue et l'intensité du ralentissement prolongé ont mis en évidence l'importance de renforcer notre engagement envers des normes de propriété, d'intégrité et de transparence. La prise de risques excessifs et la violation de ces principes de base ont miné l'économie et la stabilité financière internationales. Le phénomène s'est passé aussi bien dans les secteurs qui évoluaient selon leurs propres règles et la discipline des marchés que dans ceux qui possédaient des règlements officiels et des mécanismes de surveillance, ce qui a permis de mettre à jour des faiblesses dans le fonctionnement des marchés.

Pour que l'économie de marché produise une prospérité soutenue, il faut que les interactions économiques soient assujetties à des normes fondamentales en matière de propriété, d'intégrité et de transparence. L'ampleur et la portée de la crise ont montré l'urgence de prendre des mesures à cet égard. Les efforts de réforme doivent s'attaquer résolument à ces faiblesses des systèmes économiques et financiers internationaux. Il faudra pour cela défendre des niveaux appropriés de transparence, renforcer les systèmes de réglementation et de surveillance, améliorer la protection accordée aux investisseurs et renforcer le sens de l'éthique dans les affaires.

Aujourd'hui, nous, les ministres des Finances du G8, avons discuté du besoin de se doter d'un ensemble de normes et de principes communs en matière de propriété, d'intégrité et de transparence pour la conduite des activités commerciales et des finances à l'échelle internationale. Nous nous sommes entendus sur les objectifs d'une stratégie, le « Cadre de travail de Lecce », pour créer un cadre de travail exhaustif s'inspirant des initiatives existantes afin de repérer et de combler les lacunes sur le plan de la réglementation et favoriser le large consensus international requis pour une mise en œuvre rapide.

Le Cadre de travail de Lecce tient compte de la vaste gamme d'instruments existants ou en voie d'élaboration ayant des traits communs en ce qui a trait à la propriété, à l'intégrité et à la transparence, et les classe en cinq catégories : la gouvernance d'entreprise, l'intégrité des marchés, la réglementation et la supervision financières, la coopération fiscale, et la transparence des politiques et des données macroéconomiques. Parmi les enjeux particuliers qu'aborde le cadre, mentionnons la rémunération des hauts dirigeants, la réglementation des institutions importantes sur le plan systémique, les agences de notation, les normes comptables, l'échange transfrontalier de renseignements, la corruption, les paradis fiscaux, les administrations qui ne coopèrent pas, le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, ainsi que la qualité et la diffusion des données économiques et financières. Les institutions et les forums internationaux ont déjà produit une quantité considérable de travaux abordant un certain nombre de questions importantes sur ces sujets, mais, dans bien des cas, les initiatives ne reçoivent pas la participation ou l'engagement qu'il faut de la part des pays.

Aujourd'hui, nous avons convenu de créer un cadre cohérent s'inspirant des travaux réalisés par le FMI, la Banque mondiale, l'OCDE, le CSF, le GAFI et d'autres organismes internationaux, afin de renforcer le système sur lequel s'appuient les marchés financiers mondiaux. Pour assurer l'efficacité de notre démarche, nous allons faire le maximum pour obtenir une participation optimale des pays et une mise en œuvre rapide et énergique. Nous sommes résolus à travailler avec nos partenaires internationaux afin de réaliser des progrès dans l'optique du Cadre de travail de Lecce, en gardant à l'esprit notre intention de joindre un forum plus large, dont les membres du G20 et d'autres nations encore.

________________________________________________________
Pour plus de renseignements, les médias peuvent communiquer avec :

Chisholm Pothier
Attaché de presse
Bureau du ministre des Finances
613-996-7861

Jack Aubry
Relations avec les médias
Ministère des finances
613-996-8080

Pour recevoir un courriel chaque fois qu'un communiqué est publié, inscrivez-vous à www.fin.gc.ca/scripts/register-fra.asp