Mise à jour des projections économiques et budgétaires à long terme 2017

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Introduction

Le présent document fait état des projections économiques et budgétaires à long terme1 jusqu’en 2055–2056, en utilisant comme point de départ les prévisions à moyen terme décrites dans l’Énoncé économique de l’automne 2017.

Depuis la publication de la Mise à jour des projections économiques et budgétaires de 2016, la croissance de l’économie canadienne a connu une accélération marquée. La récente remontée du produit intérieur brut (PIB) fait du Canada la première économie du Groupe des Sept (G7) au chapitre de la croissance. En raison de la vigueur récente de l’économie, les perspectives budgétaires à moyen terme se sont améliorées, ce qui se traduit par une amélioration des soldes budgétaires et du ratio de la dette au PIB tout au long de la période de projection.

L’accélération de la croissance et l’élargissement de ses bases qui ont été observés récemment se sont accompagnés d’une forte hausse de l’emploi à l’échelle du Canada, où près de 600 000 nouveaux emplois ont été créés depuis 2015. Le rythme de croissance du nombre d’emplois enregistré jusqu’à présent en 2017, à savoir 31 000 par mois, est parmi les plus rapides de la dernière décennie. Cette embellie récente du marché du travail a contribué à la baisse du taux de chômage, qui est passé de 7,2 % au début de 2016 à 5,9 % en novembre 2017, soit le niveau le plus faible depuis janvier 2008. La combinaison d’une croissance renforcée et répartie plus largement et de l’amélioration notable du marché du travail ont conduit à une hausse marquée de la confiance des consommateurs et des entreprises.

En ce qui concerne l’avenir, malgré le renforcement de l’activité économique et les reculs du taux de chômage, l’économie canadienne fait toujours face à un certain nombre de difficultés qui sont susceptibles de peser sur la croissance – notamment les pressions associées aux changements démographiques découlant du vieillissement de la population.

Le présent rapport expose les projections économiques et budgétaires à long terme du Canada compte tenu des tendances actuelles et d’un ensemble raisonnable d’hypothèses et de scénarios démographiques, économiques et budgétaires. Une description technique de la méthodologie et des principales hypothèses sous–jacentes à cette analyse figure à la fin du présent document.

La transition démographique du Canada

Les Canadiennes et les Canadiens vivent plus longtemps que jamais; leur espérance de vie est parmi les plus élevées au monde. Conjuguée à la baisse des taux de fécondité, cette amélioration de la longévité a entraîné un vieillissement graduel de la population canadienne. En effet, les aînés (personnes âgées de 65 ans ou plus) sont maintenant plus nombreux que les enfants de moins de 15 ans (graphique 1).

La population canadienne vieillit graduellement

Graphique 1
Population canadienne projetée par groupe d'âge

Graphique 1 - Population canadienne projetée par groupe d'âge
Nota - Les lignes pointillées indiquent des projections.
Source : Statistique Canada

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Incidence sur le marché du travail

Étant donné que les membres les plus âgés de la génération nombreuse du baby boom atteignent maintenant l’âge de retraite, le Canada a franchi un tournant démographique. À mesure que cette génération importante se retire du marché du travail et qu’elle est remplacée par des générations relativement moins nombreuses de nouveaux travailleurs, le ratio des travailleurs aux aînés du Canada devrait baisser de façon radicale au cours des prochaines décennies.

En effet, on prévoit qu’en moins d’une vingtaine d’années, le ratio canadien des personnes en âge de travailler (15 ans à 64 ans) aux aînés (65 ans ou plus), qui était de près de 5 au cours de la dernière décennie, diminuera pour s’établir à 2,5 (graphique 2), soit l’une des diminutions projetées les plus importantes parmi les pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Le vieillissement de la population entraînera également une hausse de la proportion de travailleurs âgés au sein de la population active. Étant donné que les travailleurs âgés participent moins au marché du travail que les travailleurs plus jeunes, le vieillissement de la population devrait entraîner une baisse du taux d’activité global2. En fait, les effets du vieillissement de la population se font déjà sentir, puisque le sommet du taux d’activité global appartient au passé.

Le vieillissement de la population aura une incidence majeure sur le taux d'activité au Canada

Graphique 2

Ratio de la population en âge de travailler (15 à 64 ans)
aux personnes âgées de 65 ans et plus

Graphique 2a - Ratio de la population en âge de travailler (15 à 64 ans) aux personnes âgées de 65 ans et plus.
Sources : Statistique Canada; calculs du ministère des Finances Canada

Taux d'activité

Graphique 2b - Taux d'activité
Sources : Statistique Canada; calculs du ministère des Finances Canada

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Incidence sur la croissance économique

La croissance économique est tributaire soit d’une augmentation de l’offre de main-d’œuvre, soit d’une hausse de la productivité du travail (production réelle par heure travaillée). Une participation réduite à la population active découlant du vieillissement de la population a déjà été constatée, et on prévoit qu’elle continuera de réduire la croissance de l’offre de main–d’œuvre – c’est–à–dire le nombre total d’heures travaillées par les Canadiens.

Dans ce contexte, selon les hypothèses de référence relatives à la population active et à la productivité, l’augmentation du rythme du vieillissement de la population aura une incidence négative sur la croissance économique au cours des prochaines décennies (graphique 3).

Le ralentissement de la croissance économique au Canada lié à l’âge de la population surviendra en présence d’autres phénomènes mondiaux puissants et lents. Tout comme au Canada, la population mondiale vieillit et la croissance de la productivité a ralenti dans les pays de l’OCDE. Ces forces structurelles préparent une croissance globale plus lente au cours des prochaines années.

Le vieillissement de la population ralentira davantage la croissance économique

Graphique 3
Croissance du produit intérieur brut réel

Graphique 3 - Croissance du produit intérieur brut réel.
Sources : Statistique Canada; calculs du ministère des Finances Canada

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Incidence sur les finances publiques

La vigueur récente de l’économie a conduit à une amélioration des perspectives budgétaires; les soldes budgétaires et le ratio de la dette au PIB prévus se sont améliorés pour l’ensemble de la période de prévision à moyen terme. Ces prévisions à moyen terme, fondées sur la moyenne des résultats de l’enquête sur les perspectives économiques menée en septembre 2017 auprès d’économistes du secteur privé, font état d’une réduction progressive du déficit ainsi que d’un ratio de la dette fédérale au PIB en baisse constante au cours de la période de prévision (tableau 1). On s’attend toutefois à ce que le vieillissement de la population exerce des pressions à la baisse sur les perspectives par la suite.

Selon l’hypothèse où le taux d’inflation annuel se maintiendra à 2 %, le vieillissement de la population entraînera une baisse du PIB nominal (l’indicateur le plus large de l’assiette fiscale). Une croissance moindre du PIB nominal entraînerait une réduction du taux de croissance des revenus gouvernementaux, ce qui limiterait la capacité des gouvernements de continuer à augmenter les dépenses publiques à un rythme aussi élevé que celui observé dans le passé. Parallèlement, le vieillissement de la population devrait également exercer une pression à la hausse sur les dépenses publiques, notamment en ce qui concerne des programmes liés à l’âge comme les prestations aux aînés.

Tableau 1
Solde budgétaire et dette selon l’Énoncé économique de l’automne 2017
    Projections
   
  2016- 2017 2017- 2018 2018- 2019 2019- 2020 2020- 2021 2021- 2022 2022- 2023
Solde budgétaire (G$) -17,8 -19,9 -18,6 -17,3 -16,8 -13,9 -12,5
Dette fédérale (% du PIB) 31,2 30,5 30,2 29,9 29,5 29,1 28,5

Suivant ces prévisions à moyen terme et l’hypothèse selon laquelle les principaux paramètres des politiques gouvernementales actuelles demeureront inchangés, le ratio du solde budgétaire fédéral au PIB devrait se détériorer légèrement au cours des années 2020 à mesure que les pressions exercées par le vieillissement de la population s’intensifieront. À la suite de l’allègement ultérieur de ces pressions, le ratio du solde budgétaire au PIB devrait nettement s’améliorer pour atteindre un excédent représentant 1 % du PIB d’ici la fin de la période de projection (graphique 4). Cette trajectoire du solde budgétaire projeté signifie que le ratio de la dette au PIB devrait continuer de baisser au cours de l’ensemble de la période de projection. Ces nouvelles projections budgétaires à long terme représentent une amélioration comparativement à celles présentées en décembre de l’an dernier, principalement en raison de meilleures perspectives à moyen terme concernant le solde budgétaire.

Les finances publiques fédérales sont viables à long terme

Graphique 4

Ratio du solde budgétaire fédéral au PIB

Graphique 4a: Ratio du solde budgétaire fédéral au PIB

Sources : Statistique Canada; calculs du ministère des Finances Canada

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Ratio de la dette fédérale au PIB

Graphique 4b: Ratio de la dette fédérale au PIB

Sources : Statistique Canada; calculs du ministère des Finances Canada

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Toutefois, les projections de référence s’accompagnent de scénarios alternatifs plus favorables et moins favorables. Notamment, en partie parce que l’effet des mesures futures du gouvernement n’est pas pris en compte, un degré important d’incertitude entoure les projections concernant la croissance économique future et, donc, la trajectoire du PIB nominal (l’indicateur le plus large de l’assiette fiscale). Les changements apportés aux hypothèses concernant la croissance économique à moyen terme peuvent aussi avoir d’importantes répercussions sur le solde budgétaire et sur le ratio de la dette au PIB sur une période de projection prolongée.

Par exemple, si le gouvernement fondait ses projections budgétaires actuelles sur la moyenne des quatre prévisions les plus favorables concernant la croissance du PIB nominal – ce qui se traduit par une croissance supérieure de 0,3 point de pourcentage, en moyenne, au cours des cinq prochaines années comparativement aux résultats globaux de l’enquête de septembre –, le solde budgétaire fédéral atteindrait un excédent de 3,9 milliards de dollars en 2023–2024 et resterait à peu près équilibré ou mieux par la suite (graphique 5). Selon ce scénario, le ratio de la dette au PIB diminuerait plus rapidement et la dette fédérale serait éliminée d’ici la fin de la période de projection. Inversement, si les projections budgétaires étaient fondées sur la moyenne des quatre prévisions les plus défavorables concernant la croissance du PIB nominal – ce qui se traduit par une croissance inférieure de 0,3 point de pourcentage, en moyenne, au cours des cinq prochaines années comparativement aux résultats globaux de l’enquête de septembre –, le solde budgétaire fédéral s’établirait à un déficit de 19,8 milliards de dollars en 2023–2024, lequel déficit passerait à 42,3 milliards en 2035–2036 avant de s’améliorer graduellement par la suite. Dans ce scénario, le ratio de la dette au PIB demeurerait relativement stable jusqu’à la fin des années 2030 avant de diminuer graduellement pour se situer à environ 20 % à la fin de la période de projection.

Il est donc impératif de maintenir la croissance de l’économie en investissant dans la classe moyenne et dans les compétences et les technologies qui rendront le Canada plus productif, plus compétitif et plus équitable. Même si aucune initiative isolée ne peut garantir la croissance durable de notre prospérité, les retombées positives potentielles de la prise de mesures dès maintenant dans un vaste éventail de domaines stratégiques sont très importantes, puisque l’effet des mesures tend à se renforcer au fil du temps. Notamment, l’accroissement de la participation à l’économie de groupes traditionnellement sous–représentés sur le marché du travail, dont les femmes, les Autochtones, les travailleurs âgés, les nouveaux arrivants et les personnes handicapées, est un élément clé de la performance budgétaire et économique à long terme du Canada. Il est en outre important de s’assurer que les femmes auront les mêmes possibilités de participer à l’économie que les hommes.

Une importante incertitude entoure les projections à long terme de référence

Graphique 5
Solde budgétaire fédéral

Graphique 5: Federal Budgetary Balance
Nota – Les prévisions alternatives pour la période de 2017-2018 à 2022-2023 reposent sur la moyenne des prévisions des économistes du secteur privé concernant le PIB nominal, sans ajustement en fonction du risque. Le scénario des 4 prévisions les plus élevées (basses) repose sur la moyenne des 4 prévisions les plus favorables (défavorables) des économistes participant à l'enquête concernant le PIB nominal. Les hypothèses du scénario de référence sont appliquées au-delà de 2022-2023. Les projections de référence ne tiennent pas compte de l'incidence des mesures futures du gouvernement, ni des prévisions les plus favorables ou défavorables formulées par les économistes ayant participé à l'enquête concernant le PIB nominal.
Sources : Statistique Canada; calculs du ministère des Finances Canada version texte

Méthodologie et principales hypothèses

Projections démographiques

Les projections démographiques utilisées dans le présent document sont fondées sur les projections liées à un scénario de croissance moyenne produites par Statistique Canada3. Statistique Canada produit des projections démographiques par âge et par sexe d’une année à l’autre, en additionnant à la population les naissances et la migration nette, et en y soustrayant les décès. Les hypothèses démographiques qui sous-tendent ces projections sont énoncées dans le rapport Projections démographiques pour le Canada (2013 à 2063), les provinces et les territoires (2013 à 2038), publié en 2015. Les principales hypothèses sont les suivantes :

  • L’espérance de vie à la naissance des femmes passerait de 83,8 ans en 2013 à 88,5 ans en 2055. Chez les hommes, l’espérance de vie passerait de 79,6 ans en 2013 à 86,7 ans en 2055.
  • Un taux de fécondité de 1,67 enfant par femme est utilisé pour toute la période de projection.
  • On présume que le taux d’immigration annuel représenterait environ 0,75 % de la population totale. Lorsqu’on tient compte de l’émigration et des émigrants de retour au pays, on suppose que le taux d’immigration nette du Canada se situe à environ 0,6 % durant la période de projection.

Aux fins du présent document, les projections démographiques de Statistique Canada ont été rajustées pour tenir compte des estimations récentes de la population.

Projections économiques

Pour les six premières années de la période de projection, soit de 2017 à 2022, les principaux indicateurs économiques (p. ex., la croissance du PIB réel et les taux d’intérêt) sont tirés de l’enquête de septembre 2017 du ministère des Finances Canada auprès d’économistes du secteur privé, sur laquelle sont fondées les prévisions budgétaires présentées dans l’Énoncé économique de l’automne 2017. Ces résultats sont ensuite prolongés au moyen du modèle de projection à long terme du ministère des Finances. Dans le cadre de ce modèle, on suppose que la croissance du PIB réel est fonction de la croissance de la productivité du travail et de la croissance de l’offre de main-d’œuvre. Cette dernière est déterminée au moyen de modèles selon l’âge et le sexe pour la participation au marché du travail et la moyenne des heures travaillées, et conformément aux projections démographiques selon l’âge et le sexe de Statistique Canada.

Durant la période allant de 2023 à 2055, on suppose que la croissance de la productivité du travail correspondra à peu près à sa moyenne historique (tableau 2). Le taux de chômage pour la période de 2017 à 2022 est tiré des prévisions du secteur privé, selon lesquelles le taux devrait diminuer progressivement pour s’établir à 6,1 % en 2022, soit un niveau similaire à celui observé avant la récession de 2008-2009. On suppose que le taux de chômage se situera un peu en deçà de 6 % à long terme.

À moyen terme (de 2017 à 2022), on prévoit que la croissance de l’offre de main-d’œuvre continuera de contribuer sensiblement à la croissance du PIB, mais dans une mesure moins importante qu’au cours de la période allant de 1970 à 2016. Cette situation est attribuable en partie à l’incidence positive des projections qui laissent entrevoir que le Canada poursuivra sa croissance économique au cours des prochaines années, ce qui se traduit par une réduction du taux de chômage (cette réduction favorisant la croissance de l’offre de main-d’œuvre). Toutefois, après 2022, l’apport du taux d’activité devrait diminuer légèrement chaque année (–0,2 point de pourcentage annuellement) étant donné l’augmentation du taux de départ à la retraite chez la génération du baby–boom, qui réduirait la croissance de l’offre de main d’œuvre. Au-delà de 2022, la tendance baissière de la moyenne des heures travaillées devrait se poursuivre.

Considérés ensemble, ces facteurs donnent à penser que la contribution de l’offre de main-d’œuvre à la croissance du PIB réel diminuera de façon importante, pour se situer en moyenne à seulement 0,5 point de pourcentage par année durant la période allant de 2023 à 2055, comparativement à une moyenne de 1,5 point de pourcentage durant la période allant de 1970 à 2016. Étant donné qu’on suppose une croissance tendancielle de la productivité de 1,2 % par année, soit le même taux de croissance que celui observé entre 1970 et 2016, la croissance globale du PIB réel se situerait en moyenne à 1,7 % par année entre 2023 et 2055.

Tableau 2
Projections de croissance du PIB réel (taux de croissance annuels moyens)
%, sauf indication contraire
  1970- 2016 2017- 2022 2023- 2035 2036- 2055
Croissance du PIB réel 2,7 2,0 1,7 1,8
Apport (en points de pourcentage) :        
  Croissance de l’offre de main-d’œuvre 1,5 0,7 0,4 0,6
    Population en âge de travailler 1,5 1,0 0,9 0,7
    Taux d’activité 0,3 -0,3 -0,4 -0,1
    Taux de chômage -0,1 0,2 0,0 0,0
    Moyenne des heures travaillées -0,2 -0,1 -0,1 0,0
  Croissance de la productivité du travail 1,2 1,3 1,2 1,2
Nota – Les chiffres étant arrondis, leur somme peut ne pas correspondre au total indiqué.
Sources : Statistique Canada; calculs du ministère des Finances Canada

Projections budgétaires

Les projections budgétaires figurant dans le présent document, qui ont comme point de départ les projections de l’Énoncé économique de l’automne 2017 pour la période allant jusqu’en 2022-2023, sont obtenues au moyen d’un modèle comptable dans le cadre duquel chacune des catégories de revenus et de dépenses est déterminée de façon indépendante et modélisée en tant que fonction des projections démographiques et économiques sous-jacentes, les relations étant définies soit par les politiques gouvernementales actuelles, soit par des hypothèses.

Le modèle présente un examen détaillé des répercussions budgétaires du vieillissement de la population sur les revenus et les dépenses du gouvernement, ainsi qu’une évaluation de la viabilité des finances publiques à long terme en simulant les trajectoires à long terme de la dette et du solde budgétaire.

Voici les principales hypothèses qui sous-tendent les projections budgétaires de 2023-2024 à 2055–2056 :

  • Le Transfert canadien en matière de programmes sociaux augmente de 3 % par année, et le Transfert canadien en matière de santé ainsi que les transferts fiscaux (principalement au titre de la péréquation et de la formule de financement des territoires) augmentent conformément au niveau du PIB nominal.
  • Les prestations du programme de la Sécurité de la vieillesse (SV) augmentent au rythme de la croissance de la population visée (65 ans ou plus aux fins de la pension de la SV et du Supplément de revenu garanti) et de l’inflation afin de tenir compte des augmentations du coût de la vie.
  • Les prestations pour enfants augmentent au rythme de la croissance de la population visée (les enfants de moins de 18 ans) et de l’inflation afin de tenir compte des augmentations du coût de la vie.
  • Les dépenses de programmes directes sont liées à la croissance du PIB nominal.
  • Les prestations d’assurance-emploi croissent en fonction du nombre projeté de prestataires et de la croissance projetée de la rémunération hebdomadaire moyenne.
  • Le taux de cotisation d’assurance-emploi croît conformément aux modalités actuelles du programme, selon lesquelles les revenus et les dépenses du programme (c.-à-d. les prestations et les coûts d’administration) doivent s’équilibrer au fil du temps.
  • Tous les revenus fiscaux, y compris ceux tirés de l’impôt sur le revenu des particuliers, de l’impôt sur le revenu des sociétés et de la taxe sur les produits et services ainsi que les autres revenus, croissent au même rythme que le PIB nominal.
  • En ce qui concerne les frais de la dette fédérale, les nouveaux emprunts et la dette fédérale qui vient à échéance chaque année sont financés ou refinancée, respectivement, conformément à la stratégie de gestion de la dette à moyen terme du gouvernement, au nouveau taux d’intérêt. Le taux d’intérêt effectif sur la dette fédérale portant intérêt devrait passer graduellement d’environ 3 % en 2022–2023 à 3,8 % en 2035–2036 et demeurer généralement stable à ce niveau par la suite. De plus, le rendement des actifs financiers (qui est pris en compte dans les autres revenus) est égal au coût d’emprunt (pris en compte dans les frais de la dette publique) associé à leur achat.

Projections budgétaires de référence détaillées 4

Tableau 3
Projections budgétaires à long terme
G$
  2022- 2023 2025- 2026 2030- 2031 2035- 2036 2040- 2041 2045- 2046 2050- 2051 2055- 2056
Revenus 371,3 412,2 491,2 591,7 715,6 864,2 1 039,4 1 247,2
Dépenses de programmes 347,9 388,4 467,3 557,5 662,8 785,8 930,2 1 100,6
Frais de la dette publique 32,8 39,3 48,7 56,5 63,2 67,4 67,9 63,2
Ajustement en fonction du risque 3,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Solde budgétaire -12,5 -15,5 -24,8 -22,3 -10,4 10,9 41,4 83,4
Dette fédérale 732,0 771,5 881,3 1 001,5 1 081,5 1 073,0 930,7 603,5
PIB nominal1 2 567,6 2 857,8 3 413,5 4 116,9 4 986,1 6 025,1 7 247,0 8 700,5
1 Sur la base de l’année civile.
Tableau 4
Projections budgétaires à long terme, en proportion du PIB
%
  2022- 2023 2025- 2026 2030- 2031 2035- 2036 2040- 2041 2045- 2046 2050- 2051 2055- 2056
Revenus 14,5 14,4 14,4 14,4 14,4 14,3 14,3 14,3
Dépenses de programmes 13,5 13,6 13,7 13,5 13,3 13,0 12,8 12,6
Frais de la dette publique 1,3 1,4 1,4 1,4 1,3 1,1 0,9 0,7
Ajustement en fonction du risque 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Solde budgétaire -0,5 -0,5 -0,7 -0,5 -0,2 0,2 0,6 1,0
Dette fédérale 28,5 27,0 25,8 24,3 21,7 17,8 12,8 6,9
Tableau 5
Projections budgétaires à long terme, croissance annuelle
%
  2022- 2023 2025- 2026 2030- 2031 2035- 2036 2040- 2041 2045- 2046 2050- 2051 2055- 2056
Revenus 3,2 3,3 3,7 3,8 3,9 3,8 3,7 3,7
Dépenses de programmes 2,7 3,8 3,7 3,6 3,5 3,5 3,4 3,5
PIB nominal1 3,8 3,5 3,7 3,9 3,9 3,8 3,7 3,7
1 Sur la base de l’année civile.

Analyse de sensibilité

Étant donné l’incertitude intrinsèque entourant les projections à long terme et l’éventail des résultats possibles, les projections de référence contenues dans le présent document ne doivent pas être considérées comme des prévisions. Elles visent plutôt à fournir un scénario de référence plausible qui découle d’un ensemble d’hypothèses démographiques, économiques et budgétaires raisonnables et qui, comme le montre notre analyse de sensibilité, demeure essentiellement inchangé à la suite d’un certain nombre de modifications raisonnables touchant l’une ou l’autre des hypothèses. En revanche, des changements importants concernant certaines des hypothèses ou une combinaison de changements touchant différentes hypothèses peuvent se traduire par une modification considérable de l’évolution prévue des perspectives économiques et budgétaires à long terme.

Tableau 6
Description des hypothèses alternatives1
Hypothèse alternative moins scénario de référence
  Valeur élevée Valeur faible
Démographie :    
  Taux de fécondité (moyenne de naissances par femme) +0,5 naissance -0,5 naissance
  Immigration (% de la population) +0,25 p.p. -0,25 p.p.
  Espérance de vie à 65 ans +3 années -3 années
Économie :    
  Taux d’activité global (%) +2,0 p.p. -2,0 p.p.
  Moyenne des heures travaillées par semaine +1,0 heure -1,0 heure
  Taux de chômage (%) +1,0 p.p. -1,0 p.p.
  Productivité du travail (%) +0,5 p.p. -0,5 p.p.
  Taux d’intérêt (%) +1,0 p.p. -1,0 p.p.
Nota – p.p. = point de pourcentage.
1 Ces hypothèses alternatives sont appliquées à compter de 2023, sauf pour les changements concernant l’espérance de vie, qui sont appliqués graduellement sur toute la période de projection.
Tableau 7
Répercussions des hypothèses alternatives sur le PIB nominal et sur la croissance du PIB réel par habitant, 2023 à 2055
Croissance annuelle moyenne, en %
  Scénario de référence Valeur élevée Valeur faible
 


  PIB nominal PIB réel
par habitant
PIB nominal PIB réel
par habitant
PIB nominal PIB réel
par habitant
Démographie :      
  Taux de fécondité 3,8 1,0 3,9 0,9 3,6 1,1
  Immigration 3,8 1,0 4,1 1,1 3,4 1,0
  Espérance de vie à 65 ans 3,8 1,0 3,8 1,0 3,8 1,1
Économie :            
  Taux d’activité global 3,8 1,0 3,9 1,1 3,7 0,9
  Moyenne des heures travaillées par semaine 3,8 1,0 3,9 1,1 3,7 0,9
  Taux de chômage 3,8 1,0 3,7 1,0 3,8 1,0
  Productivité du travail 3,8 1,0 4,3 1,5 3,3 0,5
Tableau 8
Répercussions des hypothèses alternatives sur le PIB nominal et sur le PIB réel par habitant, 2055
Variation par rapport au scénario de référence, en %
  Valeur élevée Valeur faible
 

  PIB nominal PIB réel
par habitant
PIB nominal PIB réel
par habitant
Démographie :        
  Taux de fécondité 6,0 -3,1 -5,8 3,3
  Immigration 10,6 1,4 -10,6 -1,7
  Espérance de vie à 65 ans 0,4 -2,2 -0,4 2,0
Économie :        
  Taux d’activité global 3,3 3,3 -3,3 -3,3
  Moyenne des heures travaillées par semaine 3,0 3,0 -3,0 -3,0
  Taux de chômage -1,1 -1,1 1,1 1,1
  Productivité du travail 17,7 17,7 -15,1 -15,1
Tableau 9
Répercussions des hypothèses alternatives sur le solde budgétaire fédéral et sur la dette fédérale, 2055-2056
% du PIB
  Scénario de référence Valeur élevée Valeur faible
 


  Solde
budgétaire
Dette Solde
budgétaire
Dette Solde
budgétaire
Dette
Démographie :      
  Taux de fécondité 1,0 6,9 0,9 9,1 1,0 4,6
  Immigration 1,0 6,9 1,4 0,6 0,4 14,8
  Espérance de vie à 65 ans 1,0 6,9 0,6 11,3 1,3 3,4
Économie :            
  Taux d’activité global 1,0 6,9 1,3 1,7 0,6 13,1
  Moyenne des heures travaillées par semaine 1,0 6,9 1,2 2,1 0,6 12,6
  Taux de chômage 1,0 6,9 0,9 8,7 1,1 5,2
  Productivité du travail 1,0 6,9 2,0 -6,3 -0,2 23,3
  Taux d’intérêt 1,0 6,9 0,5 15,6 1,2 0,9

1 Comme toutes autres projections qui portent sur plusieurs décennies, celles présentées dans ce document sont sujettes à un degré élevé d’incertitude. Ces projections ne constituent pas une prédiction de l’avenir, mais doivent plutôt être considérées comme des scénarios qui pourraient survenir d’après les tendances et les politiques actuelles et un ensemble raisonnable d’hypothèses démographiques, économiques et budgétaires. Leur objectif consiste à présenter une analyse générale de la situation budgétaire fédérale afin de permettre au gouvernement de relever plus efficacement les défis à venir et de protéger la viabilité à long terme des finances publiques.

2 La population active est constituée de la population âgée de 15 ans ou plus (à l’exclusion des pensionnaires d’établissements) qui travaille ou cherche activement un emploi. Le taux d’activité est faible chez les jeunes (personnes âgées de 15 à 24 ans), atteint des sommets dans la tranche d’âge de 25 à 54 ans, et commence à diminuer à l’âge de 55 ans. Bien qu’on prévoie que le taux d’activité des personnes âgées continuera d’augmenter, il devrait demeurer nettement inférieur aux taux observés dans les groupes d’âge plus jeunes.

3 Statistique Canada produit trois séries de projections démographiques à long terme fondées sur des scénarios de croissance faible, moyenne et élevée.

4 Les projections de référence ne tiennent pas compte de l'incidence des mesures futures du gouvernement, ni des prévisions les plus favorables ou défavorables formulées par les économistes ayant participé à l'enquête concernant le PIB nominal.